LOL : Un environnement expérimental de composition chorégraphique
Chorégraphie, musique et logique
J'ai toujours fait en sorte d'éviter le lien de parenté entre musique et danse en préférant me consacrer à la musique dans ses aspects les plus spécifiques et les plus formels. Ce, tant dans mes recherches en ethnomusicologie au CNRS en Afrique et en Indonésie que dans mon travail avec les compositeurs dans les studios de l'IRCAM. J'emprunterai donc la réponse à Wittgenstein : "Dis-moi comment tu cherches et je te dirais ce que tu cherches".Principes généraux
Cette première expérience initiée par Myriam Gourfink sur un programme initialement conçu pour des compositeurs de musique nous mit devant l'évidence qu'il fallait développer un environnement plus adapté à la chorégraphie sans pour autant se limiter à une esthétique précise. Cependant, en regard de la musicologie, la chorégraphie dispose de peu de théories générales. Il fallait commencer par définir, pour celle-ci, avec l'aide de Kasper T. Toeplitz, ce que l'histoire avait retenu des représentations, notations, concepts et procédés fondamentaux utilisés en musique. C'est ce que nous avons nommé LOL, qui est à la fois un programme mais aussi une expérimentation grandeur nature sur le langage chorégraphique. Nous étions donc d'accord sur un point : l'urgence était non pas dans la représentation du geste chorégraphique, mais dans la représentation des connaissances utiles à la composition chorégraphique en général.Programmation
Le langage de programmation utilisé est le Lisp. Initialement créé pour les besoins de l'intelligence artificielle, ce langage donne facilement accès à un niveau méta dans la mesure où un programme, en Lisp, peut aisément s'écrire lui-même de façon dynamique. Sa syntaxe, fondée uniquement sur des expressions symboliques, se prête facilement à la représentation et à la manipulation de connaissances : une donnée, une déclaration, une fonction ou un programme est, en Lisp, une expression symbolique. Ainsi une variable, nécessaire à une fonction, peut elle-même être une fonction, tout comme une fonction peut également produire une nouvelle fonction. Le lien avec le calcul propositionnel tel que définis en logique contemporaine est donc immédiat.Frédéric Voisin, Paris le 27 avril 2000
Bibliographie
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